Le label France Santé s’ajoute à l’ACI, mais ce n’est pas la CPAM qui l’attribue. Trois socles, quatre briques, un barème qui récompense qui construit tôt : par où commencer, concrètement.

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Ce billet est daté : il garde l’angle et le ton du jour où il a été écrit. La version maintenue à jour, écrite sur sources primaires et portant sa date de vérification, vit dans l’Académie SisaFlow — c’est elle qui fait foi.
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Depuis le 16 juin, une circulaire organise le déploiement du label France Santé — la pièce qui manquait à un dispositif posé par la loi fin décembre, outillé côté financement par l’avenant 2 à l’ACI signé le 5 juin. Trois strates à ne pas confondre, une vraie fenêtre pour les équipes déjà sous ACI. De quoi s’y retrouver avant la prochaine réunion de gérance.
Trois fois en huit jours. Une consœur l’a lâché entre deux portes, sans trop savoir si c’était un label ou une nouvelle CPTS. Notre coordinatrice l’a noté pendant un appel avec l’ARS. Mon associé généraliste, lui, me l’a envoyé en capture d’écran un soir de garde, avec pour seul commentaire : « on est concernés ? »
Trois fois le même mot, et personne à la table de gérance mardi n’a su dire de quoi il s’agissait exactement. Rien d’étonnant : le texte est jeune, la circulaire date de neuf jours, et le financement qui va avec est signé mais pas encore publié. Voici ce qu’on sait, posément.
France Santé désigne trois choses différentes selon qui vous en parle, d’où la confusion. Autant les séparer tout de suite.
La loi, d’abord. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, adoptée le 30 décembre 2025, crée dans le code de la santé publique un réseau « France Santé » et renvoie le reste aux négociations conventionnelles.
Le label, ensuite : une circulaire interministérielle du 16 juin en organise le déploiement. Il dépasse les maisons de santé — centres de santé, cabinets, équipes de soins primaires y ont aussi accès — et se demande sur la plateforme de démarches de l’État, en déclaration d’intention.
Le financement, enfin : l’avenant 2 à l’ACI, signé le 5 juin par l’Assurance Maladie et une trentaine d’organisations professionnelles, qui insère l’article sur la participation au réseau. Il attend son arrêté d’approbation et sa publication — pas encore d’application, donc, mais un contenu déjà circulé, que je détaille ici.
C’est l’erreur qui fait perdre des semaines aux équipes qui montent leur dossier. Le label France Santé est prononcé conjointement par l’ARS, le préfet et le président du conseil départemental — pas par la caisse. C’est le courrier de l’ARS attribuant le label qui ouvre le droit à la rémunération. La CPAM, elle, verse et contrôle.
Pour viser le label, une structure doit déjà cocher les socles de l’ACI classique. France Santé en ajoute trois, et aucun n’est hors de portée d’une équipe déjà organisée.
Les deux premiers ne demandent rien à monter. Le tarif opposable et l’engagement dans le SAS ou la permanence des soins se contrôlent sur les données de l’Assurance Maladie et des plateformes de régulation. Le troisième, la présence infirmière, est déclaratif : liste de professionnels à jour, ou partenariat formalisé avec un cabinet du coin s’il n’y a pas d’IDE ou d’IPA salariée.
Les socles tenus, quatre briques indépendantes ajoutent de la rémunération : Accès aux soins, Prévention, Vulnérabilité, Parcours. Chacune porte quatre indicateurs — amplitude élargie et zone difficile pour la première, dépistages et vaccination pour la deuxième, aides et accessibilité handicap pour la troisième, parcours et lien hôpital pour la dernière.
Et voilà la règle qui change une conversation d’équipe : il suffit de deux indicateurs sur quatre pour valider une brique. Pas les quatre. Des équipes renoncent à une brique entière en pensant devoir tout cocher, alors qu’elles tiennent parfois déjà deux critères sans le savoir. Le réflexe : reprendre chaque brique indicateur par indicateur avant de la classer hors de portée.
Un point avant de planifier : quatre des seize indicateurs ne sont pas encore définis. Le texte les renvoie à la Commission paritaire nationale, qui doit trancher trois d’entre eux avant la fin de l’année. Rien n’est publié à ce stade — ce n’est pas un défaut du dispositif, juste un chantier qui continue, et il reste de quoi avancer sur les douze indicateurs déjà connus.
Le montant du bloc France Santé se lit par millésime, avant modulation par la file active de l’équipe — un paramètre pas encore publié. Les montants ci-dessous sont donc un plafond de référence, pas un chèque d’avance.
| Au titre de | Socle | Par brique validée | Total si 4 briques |
|---|---|---|---|
| 2026 | 50 000 € | 0 € | 50 000 € |
| 2027 | 40 000 € | 2 500 € | 50 000 € |
| 2028 | 30 000 € | 5 000 € | 50 000 € |
| À partir de 2029 | 10 000 € | 10 000 € | 50 000 € |
La lecture est simple : le socle recule pendant que chaque brique construite prend du poids, et le plafond total ne bouge pas — 50 000 € avant modulation, aujourd’hui comme en 2029. Sans construire aucune brique, la rémunération France Santé est divisée par cinq d’ici 2029 ; avec les quatre briques, elle retrouve son niveau de départ. Le message n’est pas « dépêchez-vous » — c’est que chaque brique posée maintenant compte double : elle rapporte tout de suite, et elle prend le relais du socle qui baisse. Le barème n’est pas gravé dans le marbre : il peut être ajusté au vu d’un bilan.
Pas besoin d’un dossier complet pour démarrer. Voici dans quel ordre s’y prendre.
Combien de vos médecins participent déjà au SAS ou à la permanence des soins ? Où en êtes-vous sur le 0,5 ETP infirmier — embauche ou partenariat formalisé ? Ça tient en une réunion.
Rien à monter : le contrôle se fait sur les données de l’Assurance Maladie. Un échange avec votre caisse suffit.
Inscription à l’annuaire des cabinets accessibles, charte d’engagement handicap, amplitude d’ouverture élargie : souvent les plus rapides à cocher — et deux suffisent par brique.
Sur la plateforme de démarches de l’État. Le dossier suit son cours côté ARS, préfet et conseil départemental — leur courrier déclenche tout.
On n’a pas toutes les cases entre les mains — la commission paritaire doit trancher, l’avenant attend sa publication. Mais l’architecture est stable : trois socles qu’une équipe organisée tient à moitié, quatre briques qui se valident deux indicateurs à la fois, un courrier d’ARS à obtenir plutôt qu’un dossier CPAM à redouter. La prochaine fois que le nom revient sur la table, on saura quoi répondre.
Le bloc France Santé ne se comprend pas seul : il s’ajoute à un bloc classique de l’ACI qui change lui aussi en profondeur, avec la fin annoncée des points. La leçon qui reprend l’ensemble de l’avenant 2 — gouvernance, adhésion tacite, nouveaux indicateurs — est gratuite, sans compte, dans l’Académie SisaFlow.
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