Chaque printemps, l’ACI a droit à sa rumeur de couloir. Voici ce qui est vraiment établi en ce début mai, ce qu’on ignore encore, et comment décider sans se tromper.

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Ce billet est daté : il garde l’angle et le ton du jour où il a été écrit. La version maintenue à jour, écrite sur sources primaires et portant sa date de vérification, vit dans l’Académie SisaFlow — c’est elle qui fait foi.
Lire la leçon « Ce qu’on ne sait pas encore (et comment le suivre) »
Mardi, salle de pause, entre midi et deux. Karim repose son plateau et lance, mi-sérieux : « Paraît qu’ils changent tout, l’ACI, l’an prochain — on va y perdre. » Le café est froid, la rumeur, elle, tourne déjà à plein régime. Voilà ce qu’on sait vraiment aujourd’hui, et ce qu’on ignore encore.
Commençons par ce qui ne bouge pas. Il y a une semaine, le 30 avril, le versement est arrivé sur le compte de la SISA — calculé sur les bases habituelles, celles qu’on connaît depuis des années. Rien, dans votre déclaration de cette année, n’a changé. Le premier réflexe, quand une rumeur monte, c’est de regarder ce qui vient réellement de se passer. Pas ce qui pourrait se passer.
Ensuite, un fait — un vrai, celui-là publié au Journal officiel. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, adoptée le 30 décembre dernier, a créé un réseau de structures baptisé « France Santé » dans le code de la santé publique. Elle pose le principe. Elle ne dit pas comment il s’appliquera chez vous : ce soin-là, la loi le renvoie explicitement à une négociation entre l’Assurance Maladie et les organisations de professionnels de santé. Cette négociation a lieu en ce moment. C’est tout ce qu’on peut affirmer aujourd’hui — pas plus.
| Ce qui est établi | Ce qu’on ne sait pas encore |
|---|---|
| La loi crée un réseau « France Santé » dans le code de la santé publique. | Ce que ça change, concrètement, pour une structure comme la vôtre. |
| Elle renvoie la définition des règles à une négociation conventionnelle. | La date à laquelle cette négociation aboutira. |
| Cette négociation est en cours entre l’Assurance Maladie et les organisations de professionnels de santé. | Le contenu du futur texte — indicateurs, montants, ce qui change dans le calcul actuel. |
| Le calendrier déclaratif actuel — dépôt fin janvier, versement fin avril — s’applique sans changement cette année. | À partir de quand un futur texte s’appliquerait, et à quelle déclaration. |
Ce qui alimente la rumeur, ce sont surtout des orientations. Renforcer la prévention, faciliter l’accès aux soins, mieux tracer ce que les équipes font déjà : ce sont des lignes qu’on lit dans le secteur depuis plusieurs années, pas des nouveautés sorties de nulle part la semaine dernière. Une orientation, ce n’est pas une décision. Entre les deux, il y a une négociation entière, celle qui est en cours, et elle peut encore beaucoup bouger.
Le problème, ce n’est pas que les gens en parlent. C’est que la rumeur emprunte souvent la précision d’un chiffre à une intuition qui, elle, est sans doute juste sur la direction. Ça donne des phrases qui sonnent vraies sur le fond et fausses dans le détail. Et c’est justement ce détail-là qui finit gravé dans un budget voté trop tôt.
Quand quelqu’un vous demande combien vous toucherez l’an prochain, une seule phrase tient debout : « Je ne sais pas encore, personne ne le sait — c’est en train de se négocier. Dès qu’un texte sort, je vous dis ce qu’il change pour nous, pas avant. » Elle rassure plus qu’un chiffre inventé. Et elle n’aura jamais besoin d’être corrigée.
Et c’est là, je crois, la vraie question. Pas « qu’est-ce qui va changer », mais « qu’est-ce qu’on fait cette semaine, nous ». La réponse est presque décevante. Rien de spécial. On continue à tracer ce qu’on trace déjà : les comptes rendus de réunion, les protocoles, les feuilles de présence aux réunions de concertation. Cette matière-là ne devient jamais inutile, quel que soit le texte qui sortira. Un cahier bien tenu s’adapte à n’importe quel barème. Un cahier vide, à aucun.
Si votre structure doit voter un budget pour l’année qui vient, la seule chose à changer, c’est la manière de le voter. Pas un chiffre unique récupéré sur un post LinkedIn, mais une fourchette, avec l’hypothèse écrite noir sur blanc et la date à laquelle vous la reverrez. Ça prend trois lignes de plus au procès-verbal. Ça évite surtout, six mois plus tard, d’avoir à se dédire en assemblée parce qu’un chiffre entendu en couloir s’était retrouvé gravé dans le budget.
Le vrai piège, c’est de réorganiser la structure pour un texte que personne n’a encore lu — recruter, changer un protocole, renoncer à un projet, sur la foi d’une conversation de couloir. Attendez le texte. Ce n’est pas de la passivité : c’est la seule façon de ne construire qu’une fois.
J’ai recroisé Karim le lendemain. Je lui ai raconté à peu près ce que je viens de vous écrire : la loi, la négociation en cours, et le fait qu’aucun de nous deux n’en saura plus avant que ce soit publié noir sur blanc. Il a haussé les épaules, plutôt soulagé : « Ah bon, ok. Donc on continue comme avant. » Oui. Exactement ça.
Le pilier « L’ACI de bout en bout » de l’Académie SisaFlow suit cette négociation au fil de l’eau, sources datées à l’appui — et dit clairement, à chaque page, ce qui est publié et ce qui ne l’est pas encore.
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