Leçon 1/12 · Les RH de la structure
Employeur en MSP : ce que ça implique
Le jour où votre structure signe son premier contrat de travail, elle change de nature : elle devient employeur. Qui signe, quelles formalités, quelle convention collective, et qui donne les consignes au quotidien.
L'essentiel en 3 points
- L'employeur, c'est la personne morale — la SISA, la SCM ou l'association — jamais les associés à titre individuel. Une même équipe peut donc avoir deux employeurs différents pour deux salariés.
- La première embauche déclenche un paquet d'obligations qui ne se rattrapent pas après coup : déclaration préalable, registre du personnel, complémentaire santé, suivi en santé au travail, évaluation des risques.
- La question la plus coûteuse à trancher en retard est la convention collective applicable : elle commande les salaires minimaux, l'ancienneté et les préavis.
Qui embauche, exactement ?
Une maison de santé n'est pas une entité juridique. Ce qui existe en droit, ce sont les structures qui la portent : une SISA, parfois une SCM, parfois une association. C'est l'une d'elles qui signe le contrat de travail, verse les salaires et répond en cas de litige.
Ce choix n'est pas cosmétique. Il détermine qui paie, sur quel compte bancaire, dans quelle comptabilité la charge de personnel atterrit — et, en cascade, comment cette charge est refacturée aux professionnels.
Le cas le plus fréquent en pratique : le coordinateur est employé par la SISA (sa fonction sert le projet de santé, que l'ACI finance), tandis que la secrétaire ou l'agent d'entretien est employé par la SCM (ils servent le fonctionnement des locaux, partagé par tous les occupants). Rien n'oblige à ce schéma, mais il a une logique : chaque salarié est rattaché à la structure dont il sert l'objet.
Un plafond propre à la SISA quand elle salarie des soignants
Une règle que l'on ne rencontre nulle part ailleurs, et qui ne se voit pas venir : le II de l'article L. 4041-4 du code de la santé publique borne le nombre de professionnels de santé exerçant des activités de soins de premier recours que la SISA peut salarier. Ce nombre doit rester inférieur au nombre de professionnels de santé libéraux associés.
À retenir tel quel, avec ses deux limites :
- le plafond ne concerne que les soignants de premier recours salariés par la SISA : une coordinatrice, une secrétaire, un agent d'entretien n'entrent pas dans ce décompte ;
- il se calcule par rapport aux associés libéraux, ce qui veut dire qu'un départ d'associé peut faire basculer une équipe qui, elle, n'a rien changé à ses embauches.
Concrètement, une SISA qui envisage de salarier un ou plusieurs médecins doit vérifier ce rapport avant de signer, et le revérifier à chaque mouvement d'associé. Le point mérite d'être posé à votre conseil juridique en même temps que le choix de la structure employeuse.
Deux erreurs qui se paient longtemps
- Faire signer le contrat par un associé en son nom propre. Il devient personnellement l'employeur : c'est lui qui devra licencier, indemniser, et qui restera engagé s'il quitte la structure.
- Rattacher le salarié à la mauvaise structure « pour simplifier ». Corriger ensuite suppose un transfert de contrat, avec l'ancienneté et les droits acquis qui suivent. C'est faisable, ce n'est jamais gratuit.
Les formalités de la première embauche
Elles se cochent une par une, et la plupart doivent être faites avant que le salarié ne pousse la porte.
Déclaration préalable à l'embauche (DPAE)
- Quand
- Au plus tôt 8 jours avant l'embauche, et avant la prise de fonction
- Ce qu'il faut savoir
- Adressée à l'Urssaf. Elle regroupe plusieurs démarches d'un coup : immatriculation de l'employeur, affiliation à l'assurance chômage, adhésion au service de santé au travail, demande de visite d'information et de prévention.
Registre unique du personnel
- Quand
- Dès le premier salarié
- Ce qu'il faut savoir
- Tenu par la structure employeuse, il liste les salariés dans l'ordre des embauches. Il est demandé lors d'un contrôle.
Visite d'information et de prévention (VIP)
- Quand
- Dans les 3 mois suivant la prise effective du poste
- Ce qu'il faut savoir
- Elle a remplacé l'ancienne « visite médicale d'embauche ». Réalisée par un professionnel de santé du service de prévention et de santé au travail. Délais plus courts pour un apprenti majeur (2 mois) ; visite préalable à l'affectation pour un mineur ou un travailleur de nuit.
Complémentaire santé collective
- Quand
- Dès le premier salarié
- Ce qu'il faut savoir
- L'employeur doit proposer une couverture collective et financer au moins 50 % de la cotisation. Un accord de branche peut imposer davantage.
Document unique d'évaluation des risques (DUERP)
- Quand
- Dès le premier salarié
- Ce qu'il faut savoir
- L'évaluation des risques professionnels doit être écrite et datée. C'est la pièce que l'inspection demande en premier, et celle qu'on n'a jamais sous la main.
Retraite complémentaire
- Quand
- Dès l'embauche
- Ce qu'il faut savoir
- L'affiliation passe par la déclaration sociale nominative (DSN), donc par celui qui produit vos bulletins.
| Obligation | Quand | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Déclaration préalable à l'embauche (DPAE) | Au plus tôt 8 jours avant l'embauche, et avant la prise de fonction | Adressée à l'Urssaf. Elle regroupe plusieurs démarches d'un coup : immatriculation de l'employeur, affiliation à l'assurance chômage, adhésion au service de santé au travail, demande de visite d'information et de prévention. |
| Registre unique du personnel | Dès le premier salarié | Tenu par la structure employeuse, il liste les salariés dans l'ordre des embauches. Il est demandé lors d'un contrôle. |
| Visite d'information et de prévention (VIP) | Dans les 3 mois suivant la prise effective du poste | Elle a remplacé l'ancienne « visite médicale d'embauche ». Réalisée par un professionnel de santé du service de prévention et de santé au travail. Délais plus courts pour un apprenti majeur (2 mois) ; visite préalable à l'affectation pour un mineur ou un travailleur de nuit. |
| Complémentaire santé collective | Dès le premier salarié | L'employeur doit proposer une couverture collective et financer au moins 50 % de la cotisation. Un accord de branche peut imposer davantage. |
| Document unique d'évaluation des risques (DUERP) | Dès le premier salarié | L'évaluation des risques professionnels doit être écrite et datée. C'est la pièce que l'inspection demande en premier, et celle qu'on n'a jamais sous la main. |
| Retraite complémentaire | Dès l'embauche | L'affiliation passe par la déclaration sociale nominative (DSN), donc par celui qui produit vos bulletins. |
La DPAE n'est pas une formalité de confort
Son absence est sanctionnée, et lourdement : une pénalité administrative de 1 305 € par salarié concerné, une amende de 1 500 € pour un manquement non intentionnel, et une qualification de travail dissimulé si l'omission est délibérée (jusqu'à 45 000 € et 3 ans d'emprisonnement pour une personne physique).
Montants relevés le 15/08/2026 sur la fiche Service-Public citée en source. Une déclaration prend quelques minutes en ligne : il n'existe aucune bonne raison de la faire après.
Aller plus loin