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Leçon 17/19 · La coordination au quotidien

RGPD en MSP : qui est responsable de quoi

Pourquoi la structure, jamais un logiciel, porte la responsabilité RGPD de la MSP : accountability, registre des traitements, durées de conservation, et quand la loi impose un délégué à la protection des données.

16 min de lectureVérifié le 25/08/2026

L'essentiel en 3 points

  • La structure (SISA, association, CPTS) est responsable de traitement : c'est elle qui décide pourquoi et comment les données sont traitées, et c'est elle qui répond devant la CNIL — jamais un logiciel ni un prestataire.
  • Respecter le RGPD ne suffit pas : il faut pouvoir le démontrer. C'est le principe de responsabilité (accountability), et il tient sur des pièces concrètes — le registre des traitements, des durées de conservation écrites, la trace des demandes reçues.
  • Un délégué à la protection des données (DPO) est obligatoire dans une liste fermée de cas — dont le traitement à grande échelle de données de santé — et simplement recommandé dans les autres.

Quand une CPAM, un patient ou un salarié demande « qui a mes données et qu'en fait-on ? », la question tombe sur le bureau du gérant, pas sur celui d'un éditeur de logiciel. Le RGPD range les rôles autrement qu'on ne l'imagine parfois : ce n'est pas l'outil qui porte la responsabilité, c'est l'organisation qui décide de son usage.

Cette leçon pose quatre repères : qui décide, ce qu'il faut savoir démontrer, combien de temps garder une donnée, et quand la loi impose de nommer quelqu'un pour piloter le sujet.

Qui décide, qui exécute

Le RGPD distingue deux rôles, et la distinction dit qui porte la responsabilité.

Le [responsable de traitement](https://www.cnil.fr/fr/rgpd-comment-bien-identifier-son-role) décide pourquoi et comment les données sont traitées. Pour les données d'une maison de santé — ses membres, ses salariés, les comptes rendus de réunion qui touchent au soin — c'est la structure elle-même : la SISA, l'association, la CPTS. C'est elle qui répond devant la CNIL en cas de contrôle ou de plainte.

Le sous-traitant traite les données pour le compte du responsable, en suivant ses instructions écrites — c'est le rôle d'un éditeur de logiciel de gestion, d'un hébergeur, d'un prestataire de paie. Ce partage se formalise dans un contrat obligatoire, l'accord de sous-traitance (article 28 du RGPD) : il encadre ce que le prestataire a le droit de faire des données, et rien d'autre. Il ne remplace pas la base légale dont la structure a besoin pour son propre traitement — celle-ci reste son affaire, et c'est elle qui l'inscrit à son registre.

Le principe qui change tout : la responsabilité (accountability)

Respecter les grands principes du RGPD — collecter le nécessaire, informer, sécuriser, ne pas garder indéfiniment — ne suffit pas. L'article 5.2 du règlement ajoute une exigence distincte : pouvoir démontrer que ces principes sont respectés.

Ce point a remplacé, en 2018, l'ancien système de déclaration préalable à la CNIL : on ne demande plus d'autorisation, on documente — et cette documentation doit pouvoir sortir en cas de contrôle. Concrètement, pour une MSP : le registre des traitements, le contrat de sous-traitance signé avec son logiciel de gestion, des durées de conservation écrites, et la trace de ce qui a été répondu à un membre ou un salarié qui a exercé un droit.

Une structure aux pratiques irréprochables mais sans rien d'écrit reste en défaut : ce qui n'est pas écrit n'est pas démontrable.

  • Registre des traitements

    Ce qu'elle prouve
    La liste de ce que la structure fait des données personnelles, avec finalité et durée
    Où elle vit dans une MSP
    Un document tenu par le gérant ou le référent, mis à jour à chaque nouvel usage
  • Contrat de sous-traitance (DPA)

    Ce qu'elle prouve
    Que chaque prestataire agit sur instruction, pas de son propre chef
    Où elle vit dans une MSP
    Signé à la mise en service de chaque logiciel ou service utilisé
  • Durées de conservation écrites

    Ce qu'elle prouve
    Que rien n'est gardé sans raison au-delà du nécessaire
    Où elle vit dans une MSP
    Rattachées à chaque ligne du registre
  • Traces des demandes de droits

    Ce qu'elle prouve
    Qu'une demande d'accès, de rectification ou d'effacement a été reçue et traitée
    Où elle vit dans une MSP
    Un dossier ou un tableau de suivi, même simple
Ce que la structure doit pouvoir montrer

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Le registre des activités de traitement

Le document que la CNIL peut demander à voir en cas de contrôle — la structure la plus simple pour commencer à le remplir, traitement par traitement.

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Le registre, en pratique

Le registre est obligatoire pour toute structure traitant des données de santé — donc pour toutes les MSP, quelle que soit leur taille. L'exonération liée à la taille (moins de 250 salariés) tombe dès qu'un traitement porte sur des données sensibles, et une maison de santé en traite nécessairement : comptes rendus de réunion, arrêts de travail, parfois des données de recrutement.

Il n'a pas besoin d'être exhaustif dès le premier jour. Une ligne par traitement suffit pour démarrer : sa finalité (pourquoi on le fait), les catégories de données et de personnes concernées, qui y a accès, combien de temps on garde, et les mesures de sécurité en place. Le registre se construit traitement par traitement, pas d'un coup.

Exemple fictif — Les Trois Rivières : la première ligne du registre

« Les Trois Rivières » est une équipe fictive : elle sert de fil rouge chiffré à ces leçons.

Elle a commencé son registre par le traitement le plus visible : la gestion des membres et de leur rémunération ACI. Finalité : calculer et verser la part de chaque professionnel. Données : identité, RPPS, IBAN, volume d'activité déclaré. Accès : le gérant et le référent comptabilité. Durée : la durée du mandat, puis celle des pièces comptables. Sécurité : compte nominatif, journal des accès.

Cinq lignes écrites en une réunion. Le deuxième traitement — les comptes rendus de RCP — a suivi le mois d'après, avec un contrat de sous-traitance dédié à l'outil qui les produit.

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Responsable du traitement, sous-traitants : comment bien identifier son rôle ?

Un test en quelques questions pour trancher, cas par cas, qui décide et qui exécute — utile pour clarifier le rôle de chaque prestataire de la structure.

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Combien de temps garder une donnée

Le RGPD ne fixe pas de durée unique : il pose un principe — garder une donnée seulement le temps nécessaire à l'objectif qui a justifié sa collecte — et laisse la structure fixer, puis écrire, la durée adaptée à chaque traitement. Des repères juridiques encadrent certains cas (le code de commerce impose par exemple de conserver les pièces comptables plusieurs années), mais la règle générale reste celle-là : une durée choisie, motivée, et écrite au registre.

Deux pièges fréquents dans une MSP : garder une pièce jointe de messagerie bien après que le sujet est clos, et confondre le compte d'un membre qui part — que l'on peut fermer — avec les preuves comptables et de gouvernance qui le concernent (procès-verbaux, écritures, solde de compte courant). Celles-ci se conservent, parce qu'elles établissent des faits juridiques opposables, indépendamment du départ de la personne.

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Les durées de conservation des données

Le principe général et des référentiels par secteur — utile pour ne pas inventer une durée au hasard.

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Quand la loi impose un délégué à la protection des données

La désignation d'un délégué à la protection des données (DPO) est obligatoire dans une liste fermée de cas : les organismes publics ; les organisations dont l'activité de base implique un suivi régulier et systématique de personnes à grande échelle ; et celles dont l'activité de base implique un traitement à grande échelle de données sensibles — dont les données de santé.

Une MSP isolée, qui suit son fonctionnement courant sans centraliser de dossier de soin à grande échelle, n'entre en général pas dans cette liste : la désignation reste alors recommandée, pas obligatoire. La question se pose différemment pour une structure de taille conséquente, ou pour un acteur qui centralise des données de santé de plusieurs structures — c'est à vérifier au cas par cas, jamais à supposer.

Le réflexe si le doute persiste

Pas besoin de trancher seul : une fédération régionale, un DPO mutualisé, ou l'éditeur du logiciel de gestion de la structure (sur le volet sous-traitance qui le concerne) sont des interlocuteurs habituels pour vérifier si la désignation s'impose. La question à poser n'est pas seulement « sommes-nous obligés ? », mais « et si on le faisait quand même, qu'est-ce que ça changerait pour nous ? » — un DPO, même non obligatoire, est souvent le moyen le plus simple de tenir le registre à jour dans la durée.

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Délégué à la protection des données (DPO)

La définition du rôle et de ses missions, avant de décider s'il faut le nommer.

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À faire dans votre structure~15 min

Écrire la première ligne de votre registre

Choisissez un traitement que vous connaissez bien — la gestion des membres, les remplacements, les comptes rendus de réunion. Écrivez en cinq lignes : sa finalité, les données concernées, qui y a accès, la durée de conservation retenue, et une mesure de sécurité en place.

Comparez ce que vous venez d'écrire à ce dont vous êtes certain, par opposition à ce que vous devinez. C'est exactement l'écart que le registre est censé combler.

Connectez-vous à votre espace pour rendre ce travail et le faire relire.

Selon votre rôle

  • Gérant de SISA

    Pour vous, gérant, c'est la structure — pas un logiciel — qui répond devant la CNIL : documenter ce que vous faites déjà vaut mieux que bien faire sans pouvoir le montrer.

10 questions — validez cette leçon dans votre espace

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