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Leçon 12/14 · Créer sa MSP

Construire ses partenariats territoriaux

Mairie, intercommunalité, CPTS locale : des alliés précieux, à condition de savoir dès le départ ce qu'ils peuvent légitimement apporter — et ce qu'ils ne peuvent jamais décider à la place de l'équipe.

13 min de lectureVérifié le 18/08/2026

L'essentiel en 3 points

  • Une collectivité ou une CPTS locale peut apporter un soutien réel : immobilier, aides financières, mise en réseau. Ce n'est jamais un obstacle à éviter, ni un pouvoir à craindre.
  • La ligne rouge est simple et déjà posée dans ce pilier : le contenu du projet de santé appartient à l'équipe, et personne d'autre ne peut le décider ou l'imposer à sa place.
  • Une convention de partenariat écrite, qui nomme précisément ce que chacun apporte et ce qu'il n'apporte pas, protège les deux parties d'un malentendu qui coûte cher à découvrir tard.

Des alliés, pas des adversaires

La leçon sur la carte d'identité du projet mettait en garde contre le scénario « bâtiment d'abord », où une collectivité construit puis cherche des professionnels. Cette leçon-ci part du même constat, mais pour dire l'inverse : évité correctement, le partenariat avec les acteurs du territoire est l'un des soutiens les plus utiles du parcours.

Une mairie ou une intercommunalité peut financer une part de l'immobilier, mettre à disposition un local relais en attendant, faciliter l'accès à des aides régionales, ou simplement donner de la visibilité au projet auprès de la population. Une CPTS déjà en place sur le territoire peut orienter vers les bons interlocuteurs, partager un diagnostic déjà réalisé, ou proposer une mise en réseau avec d'autres professionnels.

Rien de tout cela ne menace l'autonomie du projet — à condition que les rôles restent clairs dès le départ.

  • Commune / intercommunalité

    Ce qu'il peut apporter
    Immobilier, aides locales, mise en réseau avec d'autres dispositifs du territoire
    Ce qu'il ne peut jamais décider
    Le contenu du projet de santé, les axes retenus, la composition de l'équipe
  • CPTS locale déjà constituée

    Ce qu'il peut apporter
    Diagnostic territorial partagé, mise en réseau, retour d'expérience méthodologique
    Ce qu'il ne peut jamais décider
    L'organisation interne de la future MSP, qui reste sur son propre accord
  • Fédération régionale (AVECsanté)

    Ce qu'il peut apporter
    Accompagnement méthodologique, souvent financé par l'ARS
    Ce qu'il ne peut jamais décider
    Rien : ce n'est pas un tiers extérieur au projet, mais un appui choisi par l'équipe elle-même
  • Délégation départementale de l'ARS

    Ce qu'il peut apporter
    Doctrine régionale, calendrier des comités, instruction du dossier
    Ce qu'il ne peut jamais décider
    L'écriture du projet de santé, transmis pour information et signé par l'équipe seule
Qui apporte quoi, et où s'arrête son rôle

Aller plus loinContactPortail d'accompagnement des professionnels de santé (PAPS)National

PAPS — le guichet régional des professionnels de santé

Le point d'entrée institutionnel : c'est souvent par ce guichet que se nouent les premiers contacts avec la délégation départementale, avant même de solliciter une collectivité.

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Aller plus loinGuideAgence nationale de la cohésion des territoiresNational

Aides-territoires

Avant de solliciter une collectivité au cas par cas, ce moteur de recherche fait apparaître par territoire les dispositifs déjà ouverts — de quoi préparer la discussion plutôt que de la découvrir en réunion.

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La ligne à ne jamais franchir : qui écrit le projet

Le risque n'est pas le partenariat en lui-même, c'est son dosage. Une collectivité qui finance une part significative de l'investissement se sent parfois légitime à peser sur le contenu du projet de santé — quels axes retenir, quels horaires afficher, quels professionnels privilégier.

Le rappel juridique est simple, et il a déjà été posé dans la première leçon de ce pilier : le projet de santé est transmis pour information à l'ARS et signé par chacun des professionnels membres. Aucun tiers, financeur compris, n'a de pouvoir de décision sur son contenu.

Le signal d'alerte est le même que celui du bâtiment avant le projet : si un partenaire propose de définir lui-même les orientations « pour vous faire gagner du temps », c'est le moment de rappeler, poliment mais fermement, que ce document reste celui de l'équipe.

Aller plus loinGuideLégifranceNational

Article L. 6323-3 - Code de la santé publique

L'article qui fixe la propriété du projet de santé : transmis pour information, signé par les professionnels membres. Utile à citer, mot pour mot, si un partenaire s'estime décisionnaire.

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Écrire une convention, même simple

Une convention de partenariat n'a rien d'un contrat juridique complexe. Deux ou trois pages suffisent, à condition qu'elles nomment précisément quatre choses : ce que le partenaire apporte, sur quelle durée, à quelle condition, et ce qu'il n'apporte pas.

Cette dernière ligne — ce que le partenaire n'apporte pas — est celle qu'on oublie le plus souvent, et c'est justement celle qui évite les malentendus. Écrire noir sur blanc que « la commune met à disposition un local, mais ne participe pas aux décisions relatives au contenu du projet de santé » protège les deux parties d'une ambiguïté qui, sinon, ne se révèle qu'au premier désaccord.

Une convention se signe une fois les grandes lignes du projet posées — après la lettre d'intention, pas avant — pour ne pas engager l'équipe sur la base d'un projet encore flou.

Exemple fictif — Les Trois Rivières : un local prêté, un rôle clarifié par écrit

« Les Trois Rivières » est une équipe fictive : elle sert de fil rouge chiffré à ces leçons.

Au sixième mois, la commune du bourg principal a proposé de mettre à disposition gratuitement une salle municipale pour les réunions de concertation de l'équipe, en attendant que le projet trouve ses propres locaux. L'équipe a accepté, et a rédigé une convention de deux pages avec la mairie.

Le texte précisait la durée (dix-huit mois, renouvelable), les horaires d'usage, et une phrase explicite : « la commune n'intervient pas dans le contenu du projet de santé ni dans la composition de l'équipe porteuse ». Quand le maire a suggéré, un an plus tard, d'ajouter un axe sur un sujet qui lui tenait à cœur, l'équipe a pu s'appuyer sur cette phrase pour expliquer, sans tension, que la décision appartenait au diagnostic et à l'équipe — pas à la mairie, aussi bienveillante fût-elle.

Aller plus loinContactAVECsantéNational

Accueil - AVECsanté, le mouvement de l'exercice coordonné

En cas de doute sur la formulation d'une convention avec un partenaire institutionnel, une fédération régionale a déjà vu passer des situations comparables et peut relire le texte avant signature.

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Aller plus loinGuideAssurance MaladieNational

Quelles sont les structures de santé concernées par l'accord conventionnel interprofessionnel ?

Utile à partager avec un partenaire institutionnel qui découvre le sujet : cette page explique, du point de vue de l'Assurance Maladie, ce qu'est une structure éligible et ce qui ne l'est pas.

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Selon votre rôle

  • Porteur de projet MSP

    Un partenaire territorial se juge à une seule question : que se passe-t-il le jour où votre équipe et lui ne sont plus d'accord sur le contenu du projet de santé ? Si la réponse n'est pas claire, la convention n'est pas prête.

  • Gérant de SISA

    Une fois la structure ouverte, ces mêmes relations deviennent la matière de la coopération territoriale ordinaire — voir le pilier consacré aux CPTS. Ce qui se construit ici, en amont, en pose les fondations.

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